Qu’est-ce que la conduite dangereuse ?
La loi sur la circulation routière de 1994 (Wegenverkeerswet 1994) contient plusieurs dispositions interdisant les comportements de conduite dangereux. Tout d’abord, il est interdit à quiconque de se comporter sur la route de manière à causer un danger. Les comportements par lesquels un danger peut être causé sont également interdits. En outre, le fait d’adopter un comportement de conduite qui cause ou peut causer une gêne est également punissable.
Dans de tels cas, on parle de mise en danger de la circulation. Cette interdiction s’applique à tout le monde. Même une personne qui ne participe pas elle-même à la circulation peut se rendre coupable de cette infraction. Des exemples de comportements dangereux sont l’excès de vitesse et/ou le non-respect des panneaux de signalisation, mais aussi, par exemple, l’obstruction de la route par un mauvais stationnement.
La mise en danger de la circulation est une contravention et non un délit. Cela signifie que l’intention et la culpabilité n’ont pas à être prouvées pour pouvoir vous condamner pour ce fait. Le fait que vous n’ayez pas eu l’intention de causer un danger ou une gêne ne fait donc pas obstacle, en principe, à une déclaration de culpabilité.
Le danger, la gêne ou le risque associé doit toutefois être suffisamment concret. Le seul fait de commettre une infraction routière ne signifie pas que vous causez automatiquement un danger ou une gêne. Pour vous condamner pour ce fait, le juge doit établir que votre action a causé ou aurait pu causer un danger ou une gêne suffisamment concret. Le comportement doit donc être suffisamment générateur de danger. La question de savoir si ce fait peut être prouvé dépend donc en grande partie des faits et circonstances spécifiques de l’affaire.
Quelles sont les sanctions encourues pour conduite dangereuse ?
Étant donné que la mise en danger de la circulation est une contravention, les peines sont généralement moins élevées que pour d’autres infractions routières punies comme des délits. La peine maximale légale est de six mois de détention ou une amende de troisième catégorie (6 700 €). Dans la majorité des cas, l’affaire sera réglée par l’imposition d’une amende de quelques centaines d’euros. En cas de récidive – ce qui signifie que vous avez déjà été condamné pour un fait similaire – une interdiction de conduire peut également être imposée. Le montant de l’amende dépend principalement de votre qualité sur la route (piéton, cycliste, conducteur de scooter, automobiliste, …), ainsi que du comportement concret que vous avez manifesté.
Quelle est la différence entre conduite dangereuse et conduite téméraire ?
Une conduite dangereuse de nature relativement légère sera qualifiée de simple mise en danger. La loi sur la circulation routière de 1994 prévoit toutefois une incrimination distincte pour la mise en danger grave de la circulation. Dans ces cas, on parle souvent de conduite téméraire. La témérité au volant n’est pas une contravention mais un délit. Il s’agit donc d’une infraction pénale beaucoup plus grave. La loi contient une liste de comportements routiers pouvant être qualifiés de téméraires :
- ne pas tenir suffisamment sa droite dans des endroits sans visibilité ;
- dépassement dangereux ;
- non-respect d’une croix rouge ;
- circuler sur une bande d’arrêt d’urgence là où ce n’est pas autorisé ;
- dépasser devant ou sur un passage pour piétons ;
- non-respect de la priorité ;
- dépassement de la vitesse maximale fixée en vertu de cette loi ;
- conduire de très près derrière un autre véhicule ;
- brûler un feu rouge ;
- circuler à contre-sens ;
- tenir un appareil électronique mobile tout en conduisant et
- ne pas suivre les indications de circulation données par les personnes habilitées à cet effet en vertu de cette loi.
Cette liste n’est pas limitative. D’autres comportements routiers peuvent également – lorsqu’ils sont suffisamment graves – être qualifiés de téméraires.
Il s’agira le plus souvent d’une combinaison de comportements menant à la conclusion que vous avez conduit de manière téméraire. Pensez par exemple à une personne qui roule à grande vitesse en agglomération, tout en dépassant d’autres véhicules par la gauche et par la droite et en brûlant un feu rouge. En revanche, il n’est pas exclu qu’un seul comportement interdit suffise à caractériser la témérité. Ce comportement devra alors être d’une gravité suffisante en soi.
L’intention est requise
Pour une condamnation pour ce délit, il doit être établi que vous avez gravement enfreint les règles de circulation. Votre intention est également requise pour une déclaration de culpabilité. Le juge doit pouvoir établir que vous aviez l’intention d’enfreindre les règles de circulation et de les violer gravement. Si cette intention ne peut être prouvée, vous ne pouvez pas être condamné pour ce fait. L’intention conditionnelle est toutefois déjà suffisante pour cette évaluation. Si l’on peut établir que vous étiez conscient du risque considérable de violer gravement les règles de circulation par votre comportement, et que vous avez délibérément accepté ce risque, cela suffit pour prouver l’intention. Pour cette évaluation, on examine généralement :
- la nature et l’ensemble des comportements ;
- les circonstances dans lesquelles ils ont été accomplis ;
- tous les autres faits et circonstances de l’affaire.
De plus, une violation de cette interdiction ne peut avoir lieu que « dans la circulation ». La portée de cette disposition est donc plus limitée que la mise en danger « normale » de la circulation. Ici aussi, le danger doit être suffisamment concret. Les infractions routières doivent être d’une gravité et d’une nature telles qu’il était prévisible, selon les règles d’expérience générale, qu’elles fassent craindre un danger de mort ou un danger de blessures corporelles graves. Ce danger doit concerner autrui. Si, par votre conduite, vous ne mettez que vous-même en danger, vous ne pouvez pas être condamné pour ce délit.
Votre comportement doit-il mener à un accident ?
La conduite téméraire ne doit pas nécessairement avoir entraîné un accident de la route pour être punissable. Au contraire, cette disposition pénale a été créée précisément pour pouvoir sanctionner des comportements de conduite très dangereux qui, par chance, n’ont pas causé d’accidents. Par le passé, on ne pouvait sanctionner de tels comportements que sur la base de la contravention susmentionnée : la mise en danger de la circulation. La peine imposée dans ces cas ne rendait toutefois pas justice à la gravité des actes commis.
Lorsque votre conduite est la cause d’un accident de la route au cours duquel une autre personne subit des blessures corporelles graves ou décède, vous serez poursuivi pour un autre délit, à savoir l’homicide involontaire dans la circulation. Si les comportements à la suite desquels cet accident a eu lieu peuvent également être qualifiés de conduite téméraire, cela constituera une circonstance aggravante.
Quelles sont les sanctions encourues pour conduite téméraire ?
La témérité au volant est une infraction pénale grave passible de lourdes peines. La peine maximale légale pouvant être imposée pour ce délit est une peine d’emprisonnement de deux ans ou une amende de quatrième catégorie (16 750 €).
Ici aussi, la peine réelle que vous recevrez dépendra en grande partie de votre qualité au sein de la circulation (piéton, cycliste, automobiliste, …) et des infractions routières concrètes que vous commettez, ainsi que de leur nombre. Les directives varient de peines de travail relativement courtes à de longues peines d’emprisonnement ferme et des interdictions de conduire.
Dans l’article de loi concernant la témérité au volant, il est explicitement mentionné qu’il est tenu compte de la mesure dans laquelle le suspect était sous l’influence de l’alcool et/ou de stupéfiants. Cela est pertinent non seulement pour l’évaluation des comportements routiers, mais aussi pour la sévérité de la peine. Ainsi, si vous avez gravement enfreint les règles de circulation tout en étant sous l’influence de l’alcool et/ou de drogues, vous pouvez être puni encore plus sévèrement.
Pourquoi avez-vous besoin d’un avocat ?
La conduite dangereuse est un concept très large englobant de nombreux comportements routiers différents. La manière dont ces comportements sont qualifiés est très importante pour l’infraction pénale réelle qui vous est reprochée. Cela est pertinent non seulement pour savoir si ce fait peut être prouvé, mais aussi pour déterminer la sanction que vous recevrez. Outre les peines que vous pouvez recevoir du juge pénal, une condamnation peut également donner lieu à l’annulation de votre permis de conduire par le CBR (organisme néerlandais de sécurité routière).
Un avocat pénaliste possédant des connaissances spécialisées en droit pénal routier peut analyser votre dossier et plaider pourquoi vos actes ne doivent pas être qualifiés de conduite dangereuse – ou téméraire. Contactez-nous sans engagement.



