Qu’est-ce que le droit pénal médical ?
Le droit pénal médical est le terme générique désignant toutes les affaires pénales comportant un aspect médical. Il s’agit le plus souvent de personnes travaillant pour ou dans un établissement de soins qui, dans le cadre de leur travail, commettent un acte ou une omission pénalement répréhensible. Pensez par exemple aux erreurs médicales – comme un patient qui décède pendant une opération suite à une erreur du chirurgien – ou à l’exécution d’un acte médical par une personne non habilitée, ce qui est parfois le cas lors d’euthanasies. Le droit pénal médical varie de l’acte intentionnel contraire à la loi au non-respect de la diligence requise.
Non seulement un employé, mais aussi la personne morale pour laquelle il travaille – par exemple un hôpital –, peut être impliquée dans les poursuites pénales. En effet, le ministère public peut estimer que la personne morale a (également) commis un acte ou une omission pénalement répréhensible.
Le rôle du droit pénal médical est limité. Compte tenu des possibilités de règlement par le droit disciplinaire et de l’application administrative, les poursuites pénales n’auront en principe lieu que dans les affaires impliquant des blessures ou le décès du patient suite à des erreurs commises dans le secteur de la santé.
Qui enquête sur les infractions au sein du droit pénal médical ?
Les soins médicaux sont en premier lieu sous la surveillance de l’Inspection de la santé et de la jeunesse (IGJ). Celle-ci supervise la qualité et la sécurité des soins. Si, au cours de cette surveillance, un soupçon d’infraction pénale apparaît – éventuellement en raison de complications anormales, d’un décès inattendu ou d’autres conséquences graves d’interventions médicales –, cela sera signalé au ministère public.
Le ministère public, en collaboration avec l’IGJ et la police, lancera alors une enquête pénale. Cette enquête est dirigée par le procureur médical, spécialisé dans ce domaine très spécifique du droit pénal.
Les enquêtes pénales sont en outre soutenues par le Centre d’expertise des affaires médicales à Rotterdam. Le centre d’expertise a notamment les missions suivantes :
- conseiller le ministère public sur le traitement des affaires médicales sous toutes leurs facettes ;
- développer, maintenir et organiser l’expertise ;
- stimuler et conseiller les parquets dans le développement et la réalisation de politiques et d’accords locaux ;
- contribuer au développement de la politique nationale.
Le procureur médical soumettra toujours l’affaire au centre d’expertise avant d’engager des poursuites pénales.
Quelle est la différence entre le droit disciplinaire et le droit pénal médical ?
Lorsque vous commettez, en tant que médecin, infirmier ou autre professionnel de santé – intentionnellement ou non – une erreur dans l’exercice de votre profession, des poursuites pénales ne seront pas toujours engagées. Dans la majorité des cas, l’affaire sera traitée par le biais du droit disciplinaire. Bien que les deux procédures visent à évaluer le comportement des soignants et à sanctionner les fautes, elles sont fondamentalement différentes quant à leur but, leur nature et leurs conséquences.
Alors que le droit pénal médical sert les objectifs classiques de rétribution et de prévention, le droit disciplinaire est un système disciplinaire. Il a pour but de garantir que les actes sont accomplis conformément à toutes les normes professionnelles. Une procédure disciplinaire débutera après le dépôt d’une plainte contre vous. Celle-ci peut être déposée par un patient, un client ou un organisme de surveillance tel que l’IGJ. Suite à cette plainte, une enquête interne sera lancée, à laquelle vous êtes tenu de collaborer en tant que soignant. La plainte sera finalement traitée par un conseil de discipline. Si elle est déclarée fondée, vous ne recevez pas de peine – comme celle que vous recevriez après une condamnation pénale – mais vous pouvez recevoir un avertissement, un blâme ou une suspension (temporaire). Vous pouvez également être radié du registre BIG.
Il est possible qu’une procédure disciplinaire et une procédure pénale soient menées contre vous simultanément. Étant donné que vos droits et obligations diffèrent dans les deux procédures, il est important de vous faire conseiller à ce sujet. Prenez contact sans engagement avec nous.
Pouvez-vous partager des données médicales avec la police ou la justice sans restriction ?
Lorsque vous êtes impliqué dans une enquête pénale, votre collaboration sera sollicitée. Outre le fait qu’en tant que suspect, vous pouvez à tout moment invoquer votre droit au silence, vous êtes également potentiellement lié par une obligation de secret professionnel en raison de votre profession. Les règles relatives au secret professionnel des soignants sont fixées dans la loi sur le contrat de traitement médical (WGBO) et le règlement général sur la protection des données (RGPD).
Même si vous souhaitiez faire une déclaration, cela n’est donc pas toujours possible. En effet, la violation du secret professionnel constitue une faute disciplinaire et est par ailleurs un délit autonome. Il est donc dans votre intérêt de ne pas répondre immédiatement à une demande ou à une réquisition de la police pour faire une déclaration. Faites-vous d’abord conseiller par un avocat pénaliste ayant des connaissances en droit pénal médical.
Pourquoi est-il judicieux de faire appel à un avocat si vous êtes soupçonné d’une infraction pénale ?
Le droit pénal médical est un domaine très spécifique du droit pénal et nécessite donc de nombreuses connaissances spécialisées. Le droit pénal médical présente diverses interfaces avec le droit disciplinaire, le droit administratif et le droit civil. Un avocat pénaliste capable de vous assister tout au long de la procédure et de vous conseiller sur vos droits et obligations au sein de l’enquête pénale est donc d’une importance capitale. Dans l’affaire pénale, la question centrale sera de savoir si vous avez commis un acte ou une omission répréhensible. Cette question n’est souvent pas simple à résoudre et nécessite une bonne analyse par un avocat pénaliste compétent. Prenez contact avec nous.



